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12/04/2018

L instruction publique ne doit pas être victime d’une bataille idéologique

De récents articles parus dans la presse mettent en évidence les difficultés que rencontrent enseignants, élèves et parents en romandie dans le système scolaire actuel.

L’éducation et la formation sont les véritables richesses de notre pays. En effet, l’avenir de notre canton et de la Suisse est dépendant des capacités de réflexion, de créativité et de connaissance qu’auront su développer les enfants à l’école.

Or des constatations semblent très alarmantes. : Des regroupements scolaires trop cloisonnés où les élèves présentant d’importantes difficultés scolaires avec parfois des comportements problématiques se retrouvent  ensemble isolés, victimes de stigmatisation et d’autostigmatisation ; des enseignements principalement axés sur des savoirs trop théoriques ; des classes deviennent ingérables et doivent être éclatées. Le désinvestissement scolaire par ces enfants ne pourra qu’augmenter à l’avenir.

Comment en est-on arrivé là ? Notre canton investit, avec raison, des millions dans notre instruction publique. On prolonge la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans. D’importants efforts sont consentis pour inclure des élèves avec besoins spécifiques. Les horaires des écoles ont été prolongés.

J’estime que la peur et un recul idéologique conservateur provoquent cette situation. Les résultants des fameuses études PISA ont convaincu une majorité de la population que les précédentes réformes étaient trop libérales et qu’il fallait revenir à une vision « plus traditionaliste ». Le postulat étant qu’il fallait renforcer les capacités de lecture, d’orthographe du français et évidemment les mathématiques. Des branches plus « pratiques » tels que les travaux manuels ont ainsi été considérées comme non prioritaires et leurs heures ont été diminuées.

Or nos cerveaux ne fonctionnent pas tous de la même manière. Certains auront une appétence pour des cours structurés et très théoriques; d’autres préféreront expérimenter, sentir, toucher et faire à travers des enseignements  plus pratiques. Certains se serviront de l’erreur, d’autres non.

Rappelons aux « accros » de l’excellence que ces différents modes d’apprentissage cohabiteront toujours en nous. Les cathédrales sont issues du Compagnonage, les sciences sont nées de la philosophie.

Sciences et neuroscience enrichissent notre rapport au monde : on doit les intégrer à l’arbre de nos connaissances. Cessons donc de nous cacher derrière une vision archaïque de l’instruction et servons nous de ces apports. Regardons les réussites d’ailleurs (Suède et Finlande) et apprenons.

Notre école doit tenir compte de nos différences et, rester un lieu vivant où les enfants acquièrent à la fois des connaissances fondamentales rigoureuses et « pratiquent » les savoirs et les autres. Pratiquer un enseignement riche, différentié et favoriser une mixité des élèves ce n’est pas une vision de « pédagogos gauchistes bisounours » mais au contraire agir pour que tous et toutes puissent trouver leur place dans la société.

C’est avec cette posture que nous aiderons les élèves à faire face aux nombreux défis qui les attendent pour rendre notre monde durable.

 

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Commentaires

Il n'est pas mauvais qu'une discipline de travail soit inculquée aux élèves. Il serait bon cependant que quelques mauvais profs soient également soumis à un contrôle de leur travail et de leur attitude face aux élèves.
Imaginer que les mathématiques et l'allemand puissent devenir des disciplines comme les autres, au lieu de servir presque exclusivement à désigner les élèves à éliminer, fait probablement partie des voeux pieux.

Écrit par : Mère-Grand | 12/04/2018

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